Une fois de plus, le groupe socialiste du Conseil général du Locle dépose une motion qui fait mouche ! En effet, cette motion demandant l'édification d'un pigeonnier contraceptif dans la ville du Locle a été adoptée à l'unanimité lors de la séance d'octobre.

Lors de la session du Conseil général du Locle du 26 octobre dernier, le groupe socialiste a déposé une motion concernant la création d’un pigeonnier contraceptif au Locle. Cette mesure permettrait de réguler le nombre de ces volatiles en ville. La motion a suscité un vif intérêt de la part de tous les groupes ainsi que du Conseil communal ; elle a dès lors été adoptée à l’unanimité.

Ci-après l’intervention de notre camarade Anne-Catherine Frutschi Lancaster en soutien de la motion et qui explique la démarche poursuivie par l’édification d’un tel pigeonnier.

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs,

Même si à première vue on pourrait penser que nous devrions nous atteler à des problématiques plus urgentes et que la gestion des pigeons ne mérite pas qu’on y consacre du temps ou de l’argent, il faut savoir que leur présence dans les agglomérations n’est pas anodine.

Leur colonisation des combles des immeubles pour y pondre génère des tiques et des acariens qui peuvent causer des problèmes de santé aux habitants. Leur fientes, contenant des virus, bactéries et autres champignons sont très acides et causent des dégâts aux bâtiments. La poussière de leur fientes séchées peut également provoquer des problèmes respiratoires.

Malgré toutes ces horreurs, la population a une certaine sympathie pour ces animaux, qui ont toujours vécu proche de l’homme. Ils sont de véritables GPS volants, qui ont servi dans l’armée suisse jusqu’en 1996 ; c’est le symbole de la paix, une colombe n’étant rien d’autre qu’un pigeon blanc ; ils fournissent un amusement sans fin aux petits enfants qui courent à travers les attroupements de pigeons pour les voir s’envoler et se reposer trois mètres plus loin ; et pour nous autres simples citadins, ils sont un des seuls contacts réguliers que nous avons avec la faune sauvage.

Hors de question de les exterminer, mais leur régulation est indispensable. D’où cette proposition de pigeonnier contraceptif. Le principe en est très simple, il suffit de retirer les œufs des nids et de les remplacer par des copies en plâtre, en décidant du nombre de petits que l’on veut autoriser chaque couple de pigeon à avoir. Par exemple : un petit par an ou 2, ou plus ou pas du tout. Les pigeons habitant le pigeonnier contraceptif ne doivent pas être nourris, ils s’installent simplement parce que le lieu est accueillant pour eux.

Ce type d’installation simplifie également les actions de régulations car un grand nombre d’oiseaux se trouvent au même endroit et permet aussi un contrôle simplifié de leur état de santé.

Un intérêt supplémentaire est l’aspect pédagogique : Selon la conception du pigeonnier, il est possible d’observer la vie des animaux à l’intérieur, et par exemple la ville de Lausanne organise des visites à l’intention des enfants dans le pigeonnier de la cathédrale, et profite ainsi d’une occasion de les sensibiliser à la vie sauvage, et au plus important, qu’il ne faut pas nourrir les pigeons.

En effet, tout mon exposé concernant la régulation de la population de pigeon et son état sanitaire n’a aucun sens si le nourrissage à grande échelle est autorisé en ville. Si les animaux ne doivent pas utiliser leur énergie pour rechercher de la nourriture, ils vont l’utiliser pour se reproduire, et on finit par une surpopulation de jeunes pigeons en mauvaise santé à gérer. Il est indispensable de sévir sur ce point.

Un pigeonnier contraceptif n’est bien sûr pas suffisant pour régler tous les problèmes posés par les pigeons en ville, et des actions de régulations «traditionnelles» sont toujours nécessaires.

Finalement quelques chiffres : en me renseignant sur ce qui se fait en ville de Nyon, les coûts engendrés par ce système sont les suivants :

Construction du pigeonnier : 45’000.— francs, si une partie des opérations peut être faite par la commune. Cela peut bien sûr être moins cher ou beaucoup plus cher suivant les décisions prises.

Entretien : 4000.— francs pour un nettoyage quatre fois par année par une entreprise spécialisée et quelques centaines de francs pour du petit matériel.

Ces frais peuvent encore être baissés si on choisit de partir sur un partenariat avec une association d’amis des animaux.

Je vous remercie par avance de considérer cette motion avec bienveillance et d’y réfléchir. Je tiens à votre disposition de nombreux contacts et autres détails techniques que je vous transmets volontiers si vous souhaitez mener à bien ce projet.

Pour le groupe socialiste
Anne-Catherine Frutschi Lancaster

Texte de la motion

2023-10-30